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Edition du

04/06/2015
N° 895

 

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Centrés sur l’Afrique sans Madagascar

L’on pourrait comprendre la frustration des représentations des grands pays sur la situation qui prévaut à Madagascar. En effet, elle ne cesse de s’empirer dans le pays, ce qui pousse les investisseurs étrangers à s’intéresser plus à l’Afrique qu’à Madagascar, d’après le rapport de l’Africa attractiveness survey – Making choices publié par EY Afrique. Plus de 128 milliards de dollars ont été affrétés en Afrique en termes d’IDE ou investissement direct à l’étrange, avec une création d’environ 188 400 nouveaux postes en Afrique, qui représentent une hausse de 68% par rapport aux années précédentes.

Madagascar, une île déserte, n’arrive pas à attirer une infime partie de ces investissements malgré l’appel ardent du président de la République ainsi que les travaux en coulisse des divers ambassadeurs et chargés d’affaires à Madagascar. D’après le rapport, « En 2014, l'Afrique du Nord a attiré 22,2% des projets d'IDE de plus qu'en 2013 et a concentré un peu plus de la moitié (51%) de l'ensemble des afflux de capitaux en IDE en Afrique, contre seulement 19,1% en 2013. De plus, le nombre d'emplois créés par ces IDE, dans une région qui en a cruellement besoin, a plus que triplé et avoisine les 80 000. En Afrique subsaharienne (ASS), tandis que les principales économies telles que l'Afrique du Sud, l'Angola, le Nigeria, le Ghana et le Kenya ont reçu moins de projets d'IDE qu'en 2013, la valeur moyenne de chaque projet dans la région a presque doublé (de 67,8 millions USD en 2013 à 174,5 millions USD par projet en 2014). Le Mozambique (88,2%) et l'Éthiopie (47,1%) ont compté parmi les champions, en attirant des afflux croissants de projets. Sur le long terme, l'Afrique du Sud a été la destination la plus populaire pour les projets d'IDE, en attirant deux fois plus de projets au cours des cinq dernières années que n'importe quel autre pays africain ». Mais la Grande île n’est pas citée comme étant attractive.
Pour la plupart, ce sont « les entreprises basées aux États-Unis qui sont les plus grands investisseurs en Afrique, en y lançant 101 projets d'IDE et en représentant 13,8% de l'ensemble des projets d'IDE en Afrique, en hausse par rapport à une part de 9,8% en 2013», souligne le rapport. Ceci peut expliquer pourquoi l’ambassadeur américain SEM Robert Yamate insiste sur le maintien de la stabilité car peut être quelques unes de ces entreprises américaines pourraient venir investir dans le pays. Entre autres, « les investisseurs sud-africains ont à nouveau joué un rôle essentiel en étant à l'origine du deuxième plus grand nombre de projets d'IDE sur le continent », ce qui explique peut-être la visite du ministre des Affaires étrangères Marius Fransman à Madagascar récemment. « Les investissements britanniques ont fortement diminué, tandis que les investisseurs des Émirats arabes unis (EAU) et de la France sont revenus en force, occupant respectivement la quatrième et la cinquième place », souligne toujours ce rapport. On ne peut guère s’étonner si ces occasions là ne bénéficient pas aux quelques 10 millions de jeunes sans emploi ni à l’économie nationale.
Tous des secteurs potentiels
Beaucoup se sont interrogés si ce sont les types de projet potentiellement exploitable à Madagascar qui n’intéresse pas les investisseurs étrangers mais les résultats de ce rapport démontrent bien le contraire. « Les afflux d'IDE à destination du secteur de l'immobilier, de l'hôtellerie et de la construction, ont fortement progressé, faisant de ce secteur l'un des plus attractifs pour les IDE, avec une part de 43,8% de la valeur du capital et de 33,6% de la création d'emploi, souligne le rapport. L’on peut aussi lire qu’« en termes de nombre de projets d'IDE, les investisseurs continuent à consacrer la plus grande partie de leur activités à trois secteurs orientés vers les consommateurs : technologie, média et télécommunications ; services financiers ; produits de consommation et commerce de détail. Un tiers (31%) des personnes ayant participé à l'enquête, estiment également que l'agriculture s'affirmera, au cours des deux prochaines années, comme un facteur de croissance essentiel en Afrique ». La Grande île, avec ces querelles politiques, est en train de rater une grande occasion de développement économique. D’après Ajen Sita, Président directeur général d'EY Africa, « l’avenir de l’Afrique ne se dessine pas tout seul. Nous pensons que, malgré les progrès incroyables de ces 15 dernières années, l'Afrique et ses dirigeants se trouvent à un point d'inflexion : il est nécessaire de faire des choix réfléchis et urgents afin d'augmenter les niveaux de productivité et de compétitivité, d'accélérer la transformation structurelle et de s'engager sur le chemin d'une croissance inclusive et durable ». Pourrions-nous imaginer l’importance de ce nouveau rapport publié par EY Afrique pour 2015 ?

Racl. R
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